Passer à l’action : une démarche préparée, pas juste une intention Passer à l’action demande bien plus que de simplement déclarer “je vais le faire”. Il faut surmonter les blocages, et pour cela, il existe des techniques à la fois immédiates et sur le long terme, qui permettent de déclencher l’action de manière dynamique tout en étant bienveillant envers soi-même. “Agir”, un mot aux racines aussi mentales qu'organiques Un peu d’étymologie peut éclairer cette question fascinante. Le verbe “agir” vient d'une racine indo-européenne “ag”, signifiant "pousser devant soi". Cette racine a donné naissance à des termes relatifs à l’action dans le présent (comme actuel, actualité) et dans l’avenir proche (agenda), mais aussi à des mots évoquant la maîtrise (protagoniste), l'organisation (agent, agencement) ou encore la désorganisation (antagonisme, agité). Elle est également à l'origine de concepts intellectuels : pédagogie, qui guide l’intelligence des enfants, ou cogiter, qui fait référence à la réflexion. En somme, l’acte d’agir semble impliquer simultanément une réflexion et une mise en œuvre concrète. Comment définir le passage à l’action ? Léa Skenadji définit l’action ainsi : “Agir, c’est concrétiser par des actes quelque chose qui relève de la pensée (un projet, une intention).” Les participants à une discussion sur ce sujet évoquent des variantes : “Faire chaque jour une petite action”, “Se mettre en mouvement”, ou encore “Dépasser ses peurs”, “Se poser moins de questions”. Comme le disait le philosophe Alain, “Le secret de l’action, c’est de s’y mettre”. Agir, c’est parfois simplement commencer. Le passage à l’action : trois étapes clés Léa Skenadji identifie trois étapes essentielles dans le passage à l’action, indépendamment de la nature du projet. Même si certaines peuvent sembler naturelles, il est intéressant de les examiner. Phase 1 : L’intention L’intention est la base de toute action. C’est à ce moment que vous définissez ce que vous voulez accomplir. Par exemple, si vous cherchez un loisir, vous déterminez quel type de loisir vous intéresse, à quelle fréquence vous souhaitez le pratiquer, etc. Dans le cadre de la définition d’un projet professionnel, cette phase est appelée introspection. Phase 2 : La préparation La préparation implique de planifier concrètement ce que vous allez faire. C’est le moment d’élaborer une méthodologie, de rassembler les informations nécessaires et de réfléchir à la manière dont votre projet répondra à vos besoins. Dans le cadre d’un projet personnel, cette étape est souvent celle de l'exploration, où vous examinez les diverses options qui s’alignent avec vos valeurs et vos objectifs. Phase 3 : La concrétisation Comme le souligne Alain, “Le secret de l’action, c’est de s’y mettre”. Cette phase est celle de l'exécution. Si l’on attend d’avoir toutes les compétences ou connaissances nécessaires, l’action risque de ne jamais se produire. C’est à ce moment que vous passez de la théorie à la pratique, et vous validez progressivement vos choix jusqu’à l’aboutissement final. 5 techniques à court terme pour surmonter ses peurs et passer à l’action Le compte à rebours Bien que cela puisse paraître comme une technique de pensée magique, elle est souvent très efficace, comme le confirme Léa : “Mon blocage, c’est que je réfléchis trop. Ma méthode, c’est le compte à rebours : 5, 4, 3, 2, 1 — et je fais ce que j’avais prévu.” Arriver à 1, c’est concrétiser l'engagement pris avec soi-même, et cela aide vraiment à démarrer. Se reconnecter à son "pourquoi" Pourquoi ai-je voulu ce changement en premier lieu ? Pourquoi ai-je décidé de me lancer dans ce projet ? Ces raisons peuvent être multiples, par exemple : Trouver un meilleur équilibre, Être fier/fière de ce que je fais, Ou d’autres motivations personnelles. Lorsque l'on est bloqué, se souvenir de la raison initiale qui nous a poussé à agir aide à se remettre en mouvement. C’est une simple prise de recul, mais cela rétablit la paix intérieure et l’envie de se lancer. La stratégie des petits pas Une excellente manière de surmonter un blocage est de décomposer une action en petites étapes. Si je pense à l'ensemble de la tâche à accomplir, elle peut sembler décourageante. Mais en la réduisant à une série de petites actions réalisables, le chemin devient beaucoup plus facile à parcourir. Par exemple, lors d'une randonnée, il est moins décourageant de se concentrer sur chaque pas plutôt que de se fixer uniquement sur le sommet. Cette méthode permet également d’adapter le chemin à son rythme, en faisant des détours enrichissants qui alignent mieux le parcours avec nos aspirations. Mesurer les vrais risques La peur d'agir est souvent alimentée par la crainte de perdre plus que de gagner. Or, dans la plupart des cas, 99 % des peurs sont irrationnelles. Si un risque se concrétise, est-ce vraiment grave ? Est-il facile à corriger ? Par exemple, Léa Skenadji avoue : “Je ne suis pas une experte en orthographe. J'écris des mails avec des fautes. Le risque, c’est que cela me décrédibilise, mais je peux toujours envoyer un second message pour m’excuser et corriger.” Cela relativise et dédramatise. En fin de compte, “Se tromper, c’est aussi apprendre.” Si vous avez bien préparé vos actions, vous pouvez vous faire confiance. Travailler sur le scénario catastrophe Une technique souvent mentionnée dans le cadre de la procrastination (qui, rappelons-le, est un véritable blocage et non une simple paresse) consiste à affronter directement ses peurs. Tim Ferris, dans sa conférence TED, propose de “définir nos peurs plutôt que nos objectifs”. Cela permet de déconstruire les appréhensions et de prendre conscience que même dans le pire des cas, les conséquences sont souvent moins graves qu'on ne le pense. 4 techniques durables pour passer à l’action avec maîtrise Utiliser une grille de critères pour guider sa réflexion Pour agir efficacement, il est essentiel de structurer ses objectifs à travers des critères clairs. Chez Chance, par exemple, les coachs aident les individus à se reconnecter à leurs motivations profondes et à tester leur vision professionnelle, en prenant en compte des aspects essentiels comme l’environnement de travail, le rôle souhaité, et les impératifs personnels (financiers, géographiques, etc.). Cette méthode, qui dure plusieurs mois, permet d’avoir une base solide avant de passer à l’action. Vérifier la réalité de ses projections Avant de se lancer, il est crucial de confronter ses rêves à la réalité. Parlez avec des professionnels du secteur que vous ciblez et posez-leur des questions pratiques : les tâches quotidiennes sont-elles stimulantes ? Le milieu de travail est-il agréable ? Les horaires et salaires sont-ils réalistes ? Cette phase de confrontation permet d'éviter les désillusions et d’ajuster ses attentes avant de se lancer pleinement dans un projet. S’entourer de soutiens Se sentir soutenu dans ses projets est un puissant moteur d’action. Avoir des personnes autour de soi qui croient en nous peut renforcer la motivation, élargir les opportunités et même ouvrir des portes professionnelles. L’entourage peut fournir des retours précieux, des conseils et des connections. Il est important de solliciter ses proches pour des avis honnêtes et des idées pratiques, en laissant de côté la peur du jugement. Reconnaître et valoriser ses compétences Pour avancer sereinement, il est essentiel de prendre conscience de ses propres compétences, qu’elles soient techniques ou relationnelles. Reconnaître ses forces, même celles que l'on prend parfois pour acquises, est un moteur puissant pour passer à l’action. Si vous avez u ne expertise ou des talents uniques, sachez les apprécier et les utiliser comme levier pour agir.