Quand le coaching devient une zone grise entre accompagnement et emprise
Le coaching n’a jamais été aussi présent dans le paysage français. Coaching de vie, coaching business, coaching mental, coaching spirituel… Derrière la promesse d’alignement, de réussite et de transformation, une question essentielle émerge : où s’arrête l’accompagnement et où commence l’influence ?
L’article de Psychologies intitulé « Le coaching, un eldorado pour les manipulateurs » met en lumière une réalité dérangeante : le coaching peut devenir un terrain propice aux dérives, notamment lorsqu’il n’est ni encadré, ni supervisé, ni questionné.
Le film Gourou, porté par une performance remarquable de Pierre Niney, vient cristalliser ces tensions avec une justesse troublante.
Une immersion dérangeante : quand le coaching bascule
Dès les premières scènes, le malaise s’installe.
On n’assiste pas à du coaching au sens éthique du terme, mais à une induction, une prise de pouvoir psychologique, où le consentement réel et le questionnement disparaissent au profit d’une autorité charismatique.
Ce que le film montre — et que beaucoup reconnaissent — c’est à quel point les frontières peuvent être floues :
- entre aide et dépendance
- entre inspiration et manipulation
- entre leadership et emprise
Ayant moi-même évolué dans les univers de l’entrepreneuriat, des réseaux sociaux, de la communication, de la presse et du coaching, cette représentation est difficile à regarder, tant elle résonne avec des situations bien réelles.
Coach Matt : un homme blessé avant d’être un gourou
Là où le film devient particulièrement intéressant, c’est dans la complexité de son personnage principal.
Coach Matt (Mathieu Vasseur) n’est pas présenté comme un monstre, mais comme un homme profondément blessé, en quête de reconnaissance.
Il aide les autres là où lui-même ne parvient pas à se réparer.
Aucune supervision.
Aucun espace thérapeutique.
Aucune limite claire.
Il vit la transformation qu’il propose avant tout pour lui-même, et c’est précisément là que le danger s’installe.
L’article de Psychologies le rappelle avec force : sans cadre, sans déontologie et sans travail personnel approfondi, le coach peut devenir un gourou malgré lui.
Pourquoi autant de Français ont recours aux coachs aujourd’hui ?
1. Une société en perte de repères
Nous vivons dans un monde où les cadres traditionnels (travail, reconnaissance sociale, réussite) se sont effondrés ou fragilisés.
Le coaching apparaît alors comme une boussole externe, un repère rassurant dans l’incertitude.
2. Une quête intense de reconnaissance
Le film pose une question essentielle :
que sommes-nous prêts à faire pour être reconnus ?
Clients comme coachs peuvent se retrouver enfermés dans une relation où :
- l’un a besoin d’exister à travers les résultats
- l’autre projette sur le coach une figure de sauveur
Un terrain idéal pour les dérives narcissiques… des deux côtés.
3. Le mirage du succès rapide
Réseaux sociaux, storytelling de la réussite, mise en scène de la performance : le coaching est devenu un produit désirable, parfois déconnecté de la lenteur nécessaire à toute transformation profonde.
Une œuvre puissante… mais une fin perfectible
La prestation de Pierre Niney est incontestablement exceptionnelle.
Il incarne avec une précision troublante la montée en puissance, puis la chute d’un homme pris dans son propre système.
Cependant, deux manques se font sentir :
- le regard de sa compagne, qui aurait pu apporter une lecture émotionnelle et éthique plus nuancée
- une fin qui aurait mérité davantage de profondeur, pour ouvrir un espace de réflexion plutôt qu’un simple vertige
Conclusion – La vision TheHappyRise
Chez TheHappyRise, nous croyons profondément à la puissance de l’accompagnement.
Mais nous croyons encore plus à la conscience, à la responsabilité et à l’humilité.
Le coaching n’est pas une solution miracle.
Ce n’est ni une thérapie déguisée, ni un outil de pouvoir.
Un accompagnement juste :
- respecte l’autonomie
- encourage le discernement
- accepte de ne pas être indispensable
Le film Gourou et l’analyse de Psychologies nous rappellent une chose essentielle :
la vraie transformation ne retire jamais le pouvoir à l’autre — elle le lui rend.
Le débat est ouvert.
Et il est plus que nécessaire.
Pour aller plus loin sur l’accompagnement en conscience, les dynamiques invisibles et la transformation profonde des organisations, découvrez notre interview sur YouTube et Spotify :
Épisode 19 – Morgane Rollando – L’âme du business expliquée : pourquoi certaines entreprises bloquent
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Cécile
26 février 2026 at 8h45Bravo pour cette mise au point ! J’adhère totalement à la vision de TheHappyRise : le coaching doit encourager le discernement et l’autonomie. Un accompagnement réussi est celui qui finit par devenir inutile. Merci pour ce partage courageux et lucide.