Peut-on apprendre à être heureux ? A 22 ans, la question résonne avec une acuité particulière, entre fin d’études, premiers pas professionnels et envie d’une vie qui a du sens. Ce nouveau cycle d’articles explore cette interrogation essentielle qui touche à notre bien-être le plus profond.
A 22 ans, une quête universelle du bonheur
Il ne s’agit pas d’une recette miracle, mais d’un cheminement intime, fait de curiosité, d’observation du monde et d’une volonté farouche de voir le verre à moitié plein. Le bonheur apparaît ici non pas comme un état qui tombe du ciel, mais comme une décision, une pratique quotidienne qui interroge notre rapport à nous-mêmes et aux autres.
Se présenter autrement : qui l’on est plutôt que ce que l’on fait
Notre société nous pousse souvent à nous définir par notre métier ou notre parcours scolaire. Pourtant, une autre voie est possible : se présenter par sa personnalité intérieure. Être quelqu’un de curieux, d’ouvert, qui aime observer le monde et se poser des questions sur la vie, c’est déjà poser les bases d’un bien-être général plus authentique. Cette curiosité n’est pas anodine, elle est le moteur du bien-être intellectuel, cette envie de comprendre, de chercher des réponses et de ne jamais cesser d’apprendre. Pour les personnes plus réservées, plus timides, qui ont grandi dans leur bulle, cette intériorité peut devenir une force. Deux formes d’art reviennent comme des refuges et des langages : le mouvement par la danse et les mots par l’écriture. Ce sont des canaux puissants pour exprimer ce qui ne peut pas toujours se dire à voix haute. Ils nourrissent à la fois le bien-être physique par l’expression corporelle, et le bien-être psychologique en offrant un espace sécurisé pour déposer ses pensées. C’est aussi là que se construit le bien-être de l’enfant intérieur, celui qui avait besoin de s’échapper dans d’autres univers pour se sentir en sécurité.
Le déclic : oser sortir de sa bulle
Comment passe-t-on de la timidité à l’audace ? Le récit montre qu’il y a souvent un moment charnière, un déclic. Partir vivre plusieurs années à l’étranger pendant le lycée, changer radicalement d’environnement, peut agir comme un révélateur. Se retrouver dans une culture très accueillante et sociable pousse à se réinventer. On se dit alors : maintenant, je vais oser parler, aller vers les autres, sortir de ma bulle. Cette décision est fondamentale. Même si l’environnement extérieur est favorable, tout vient d’une intention intérieure : décider d’oser. C’est un acte qui transforme le bien-être social, car il ouvre la porte à la rencontre et au lien. Oser s’exposer, c’est aussi prendre le risque de partager des pensées personnelles, comme on le fait en écrivant un livre. C’est le début d’une confiance qui permet de montrer qui l’on est vraiment.
L’écriture comme refuge positif
Pourquoi l’écriture plutôt qu’une autre forme d’expression ? Parce qu’elle vient souvent d’une passion ancienne pour la lecture. Aimer lire depuis toujours, c’est aimer s’échapper dans d’autres univers quand la réalité devient trop compliquée. Dès l’âge de huit ans, l’envie peut naître de créer à son tour des univers, avec des histoires de princesses inspirées de ses lectures favorites. L’intention qui guide cette écriture est essentielle : créer des univers positifs, qui reboostent et redonnent espoir. Quand on revient à la réalité après avoir lu ou écrit, on se sent remotivé pour voir le positif dans sa propre vie. C’est une forme de bien-être moral et de bien-être spirituel, cette capacité à trouver du sens et de la lumière même dans les difficultés.
Peut-on apprendre à être heureux ? Les premières clés du bonheur
L’écriture devient alors une ressource pour cultiver le bien-être affectif, en offrant un espace pour transformer les émotions en récit. Longtemps, cette passion a été vue comme un simple loisir à côté des études. Très studieuse, passant ses week-ends à faire ses devoirs, la jeune autrice s’était elle-même mise dans une case, pensant que ce métier trop créatif et artistique ne pouvait pas être un vrai métier pour gagner sa vie. Elle a donc suivi un parcours général en communication. C’est seulement il y a deux ou trois ans, après plusieurs stages et premiers pas dans le monde du travail, qu’un second déclic est survenu. Rien ne la comblait autant que la danse ou l’écriture, et elle ne voulait absolument pas se résigner à exercer un métier qui ne la rendait pas heureuse. Ce choix illustre parfaitement l’importance du bien-être professionnel : refuser une vie professionnelle subie pour choisir une voie qui procure de la joie.
La résilience : apprendre à sourire aux émotions négatives
D’où vient cette détermination à voir le positif ? Elle semble à la fois innée et transmise. Une mère qui inculque cette résilience, et une fille qui, dès l’âge de dix ou onze ans, tente déjà de relever sa mère avec des phrases positives lors de moments familiaux très difficiles. C’est une co-construction, une valeur qui se transmet dans les deux sens et qui fonde le bien-être en couple, au sens large du couple familial, et le bien-être relationnel. Cette détermination à être heureuse est née d’une peur très concrète : celle de se laisser submerger par la tristesse et le désespoir, et de ne plus pouvoir se relever. Pendant longtemps, jusqu’à l’adolescence, aucune émotion négative n’était extériorisée, aucune larme ne coulait, ni colère ni tristesse. Même lors de la perte brutale d’une proche lors d’un événement tragique en 2015, la première nuit s’est passée sans pleurs. La première réaction a été de dire que cette proche n’aurait pas voulu que l’on arrête de faire ce que l’on aime, et de mettre de la musique pour danser. La danse est alors devenue une thérapie, un rappel qu’il ne faut pas se déconnecter des choses qui nous rendent heureuses. Pourtant, garder toutes les émotions à l’intérieur n’est pas sain sur le long terme. Petit à petit, un apprentissage s’est fait : s’ouvrir aux émotions négatives, accepter de pleurer, d’être en colère, de s’énerver. C’est un travail continu, car le réflexe reste souvent de tout verrouiller en se disant que tout va bien. Or, les héroïnes de ses livres traversent le même cheminement. Elles apprennent elles aussi à sourire aux émotions négatives, non pour les nier, mais pour les laisser sortir, vider l’intérieur, afin de pouvoir ensuite se reremplir de positif. C’est le cœur du bien-être psychologique, qui inclut aussi le bien-être sexuel et affectif dans sa dimension d’acceptation de soi, d’écoute de son corps et de ses ressentis sans jugement.
Le bonheur comme mouvement permanent
Au fond, peut-on apprendre à être heureux ? Le premier chapitre de cette quête nous enseigne que le bonheur n’est pas un état figé, mais un mouvement permanent. La vie évolue sans cesse, tout est en mouvement, et il faut apprendre à s’adapter. Le lâcher-prise, présent comme un fil rouge dans ce parcours, apparaît comme une clé essentielle pour laisser entrer les émotions positives. Apprendre à être heureux, ce serait donc apprendre à oser, à choisir une activité qui nous rend vivants, à cultiver une résilience qui ne nie pas la douleur, et à accepter de vider pour mieux se remplir. C’est un apprentissage qui touche toutes les dimensions de notre existence, du corps à l’esprit, du lien social à la vie intérieure, et qui nous rappelle que le bonheur est avant tout une décision courageuse que l’on prend chaque jour.
Cet article a été inspiré et rédigé suite à un échange enrichissant avec Fanfan Delarose
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