Notre série dédiée au thème « Pourquoi tu réagis comme ça ? Ce que tes émotions essaient de te dire » se poursuit avec un troisième chapitre profondément libérateur. Après la boussole intérieure et le dialogue intérieur, nous explorons ici ce que devient une émotion interdite, et comment le pardon — d’abord envers soi-même — ouvre la porte à un bien être véritablement entier. Car la paix avec les autres commence toujours par la paix avec soi.
Quand la colère se retourne contre soi
Que devient une énergie émotionnelle jugée inconvenante depuis l’enfance ? Deux destins l’attendent généralement. La première possibility : la personne ne se met jamais en colère et s’étonne de son calme apparent. Pourtant, l’émotion demeure, discrète, à l’arrière-plan — car la colère reste nécessaire pour poser ses limites et protéger son bien être psychologique.
L’autre destin, plus sournois encore : retourner cette colère contre soi. Telle fut l’expérience racontée ici — se bouffer de l’intérieur, s’en vouloir avec une culpabilité énorme, sans jamais exprimer au-dehors ce qui brûlait dedans. Cette autocensure silencieuse érode le bien être moral, tandis que l’entourage ne perçoit rien. Reconnaître cette dynamique constitue le premier pas vers un bien être affectif réparé.
Les imperfections n’étaient pas des faiblesses
Longtemps, les imperfections furent confondues avec une vulnérabilité honteuse. Il fallait être la bonne élève, parfaite, conforme à l’image attendue par le monde extérieur. Tout ce qui déviait de ce modèle fut relégué sous le tapis, invisible même des proches.
Ce constat rejoint un mécanisme universel : lorsque nous jugeons autrui ou projetons sur lui nos reproches, nous parlons finalement de nous. Plus on accepte toutes les parts qui nous composent — celles qui sont convenables comme celles qui ne le sont pas — plus on devient entier. Les incarner au quotidien n’est pas l’enjeu ; les reconnaître suffit à instaurer un bien être émotionnel stable.
La part criminelle et l’araignée épargnée
Un exemple marquant illustre cette découverte. Lors d’un stage consacré aux différentes parts intérieures, la mention d’une part criminelle provoqua un rejet vif : « moi, ça ne me va pas du tout ». L’animatrice posa alors une question déconcertante : avez-vous déjà tué un insecte ?
L’énergie nécessaire pour tuer existe donc en chacun de nous — sans que cela fasse de nous un monstre. Le scénario catastrophe imaginé instantanément n’était qu’une projection. Nous portons tout en nous : égoïsme et altruisme, douceur et force. Tout relève du curseur, jamais des extrêmes. Aujourd’hui, même les insectes sont épargnés : l’araignée est sortie dehors avec respect, car elle appartient au vivant. Ce discernement affiné nourrit un bien être spirituel fondé sur le respect de toute forme de vie.
Le cercle de pardon : un rituel qui débloque
C’est un appel inattendu vers un cercle de pardon qui fit basculer l’écriture du livre. Certes, aucun lien logique apparent avec le projet, et le collectif suscitait encore des réticences — crainte d’être vu, d’être traversé par ses émotions sous le regard des autres. Pourtant, cette expérience fut bouleversante.
Dans ce cercle, nul besoin de raconter son histoire : elle restait préservée. Simplement un moment d’humain à humain, un rituel de fraternité où l’autre devient un frère, sans dimension religieuse. Cette solidarité silencieuse — je suis là, tu es là, nous sommes là — reconnecte à notre humanité commune. Quelque chose s’est apaisé en profondeur, débloquant du même coup l’écriture. Le collectif agit comme un accélérateur : les résonances entre êtres humains ouvrent des portes que le travail solitaire atteint difficilement. Cette fraternité vécue élargit le bien être social bien au-delà du cercle.
La paix intérieure change nos relations
Travailler sur soi n’est pas toujours agréable, mais son intérêt fondamental demeure : plus on est en paix avec soi-même, plus on est en paix avec les autres. Autour de certains proches qui n’ont absolument pas cheminé, les relations ont pourtant évolué — simplement parce que les reproches intérieurs se sont posés.
Faire la paix ne signifie nullement cautionner ce qui fut fait. Cela signifie cesser de blâmer l’autre pour enfin prendre soin de ce qui demande soin à l’intérieur. Car le temps perdu à accusé l’autre est du temps volé à son propre bien être affectif. Personne ne fera ce travail à notre place : c’est la clé de tout le cheminement.
Ni meilleure version, ni reniement : devenir entier
Faut-il devenir « la meilleure version de soi-même » ? L’invitation de ce chapitre propose autrement : ne pas se corriger, mais faire la paix avec toutes ses parts. Renier celle qu’on était hier revient à se renier soi-même. On évolue, demain sera différent, sans trahir la personne d’aujourd’hui. C’est un chemin, pas une correction — et cette approche transforme durablement le bien être professionnel comme le bien être en couple.
La paix avec soi, socle de toutes les autres paix
Ce troisième chapitre révèle que la colère refoulée se retourne intérieurement contre soi, et que le pardon ritualisé — notamment en collectif — débloque ce qui était figé. Blâmer l’autre empêche de prendre soin de soi ; se réconcilier avec toutes ses parts rend entier et apaise nos relations, même avec ceux qui ne changent pas.
Cet article a été inspiré et rédigé suite à un échange enrichissant avec Sophie Deligiannis
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